Saptarshi Baksi

#BusinessVsCovid19 – Interview avec le fondateur d’une entreprise de voyage

Le tourisme et la logistique font partie des secteurs les plus pénalisés par les restrictions à la mobilité. Selon l’économiste en chef de l’IATA, les pertes devraient être de l’ordre de 18 % des recettes mondiales, d’un montant de 132 milliards de dollars, ce qui est très proche de ce que nous avons vu pendant la crise financière mondiale.

Alors que les grands voyagistes réduisent leurs coûts et reçoivent des aides des gouvernements, les répercussions sur l’économie locale et le secteur du voyage et du tourisme sont sans précédent. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) estime que les arrivées de touristes internationaux pourraient baisser de 20 % à 30 % en 2020. [M1]

Source : OMT – Évaluation de l'impact de la flambée de Covid-19 sur le tourisme international

Figure : Reprise des réservations d’hôtel en Chine. Source : str

Si l’on se fie aux tendances observées en Chine, on peut espérer que l’industrie hôtelière se rétablira rapidement après la baisse catastrophique des réservations.

C’est là une vision mondiale qui est adoptée par les gouvernements, les associations sectorielles et les consortiums d'entreprises. Mais, qu’en est-il du simple entrepreneur qui construit son entreprise autour du tourisme ?
Dans une interview donnée récemment pour TechCrunch, plusieurs entreprises se sont montrées optimistes : Get your Guide (une entreprise établie à Berlin spécialisée dans les expériences locales et la réservation de voyages), Omio (agrégateur de voyages également basé à Berlin) et TravelPerk (plateforme de gestion de voyages basée à Barcelone). Les tendances communes de ces trois start-ups sont :

  • recul du chiffre d’affaires de presque 50 % au niveau mondial ;
  • personnes ne voyageant qu’au niveau local ;
  • transfert de ressources vers le support client.

Toutes ces entreprises ont réorienté leurs ressources vers le suivi des clients tout en réduisant les coûts ; elles investissent des ressources et de l’énergie dans la stabilisation des produits, le développement de nouvelles prestations et le rattrapage de travaux en retard. Les entrepreneurs croient en effet que le besoin humain de voyager ne va pas changer et que, dès que les restrictions seront levées, la demande sera encore plus grande qu’avant et qu’a posteriori cette période sera considérée comme un petit accident conjoncturel. Bien que les perspectives paraissent difficiles, mais sûres, pour ces entreprises financées par des capitaux à risque, il en va autrement pour les petits entrepreneurs locaux qui opèrent sans grandes équipes technologiques, conseillers, investisseurs, présence mondiale ou confortable coussin de financements récents.
Nous avons parlé avec un de ces petits entrepreneurs établis à Berlin, Camillo Correa, qui est à la tête d’une petite start-up de voyage. Sa société propose des logiciels pour les voyagistes locaux et a aussi une activité de location locale. Nous avons interviewé Camillo Correa pour comprendre ses perspectives d’activité et les répercussions sur son commerce.

Photo : Touristes avec les scooters des mers loués par la société de Camillo

Image : Touristes avec les jets d'eau que loue l'entreprise de Camillo

leverist.de – Pouvez-vous nous en dire plus sur vous et votre entreprise ?

Camilo – Je suis dans le secteur du voyage depuis environ quatre ans et demi. Il y a environ un an et demi, j’ai commencé à développer une application pour les touristes en séjour au Mexique qui souhaitent réserver des scooters des mers et des équipements de plongée. Ma société a son siège en Allemagne et reçoit le soutien de développeurs basés au Mexique. Nous prévoyons de nous occuper de touristes en Espagne, en Italie, à Ibiza, à Majorque, etc., destinations plébiscitées, année après année, par les touristes allemands.

leverist.de - À votre avis, quelles seront les répercussions de la crise de la Covid-19 sur votre travail ?

Camilo – En 2009, au Mexique, une épidémie de grippe a fortement affecté le secteur du tourisme, qui a mis plusieurs années pour s’en remettre. À mon avis, cette année, le tourisme aura un caractère plutôt régional. Les touristes allemands iront en Espagne et en Italie, mais les déplacements internationaux vont diminuer. Les voyages en Thaïlande et d’autres pays asiatiques, avec leurs belles plages, vont mettre du temps à se rétablir. Beaucoup de gens ont peur et vont penser qu’il est très facile de contracter une maladie. Le côté positif est que les voyageurs vont privilégier les méthodes numériques pour réserver des skis, jet-skis, équipements de voyage de location, rollers et vélos.

Image : Les voyages parfaits devraient attendre un certain temps

leverist.de – Pour quelles raisons, le secteur du tourisme est-il plus vulnérable ?
Camilo – Le problème du tourisme, c’est que beaucoup de choses sont basées sur les perceptions. Prenons le Mexique par exemple : à cause de la violence liée à la drogue, il y a beaucoup de Canadiens, Européens et Américains qui imaginent qu’il y règne une grande insécurité. En réalité, à l’heure actuelle, dans les grandes villes, c’est comme ailleurs. La perception du lieu exerce une grande influence sur la prise de décision. Le tourisme est un luxe, si bien que les gens vont préférer voyager à l’intérieur de leurs régions respectives. Par exemple, les touristes allemands pourraient aller en Croatie. J’ai l’impression que cela va durer un certain temps avant que les gens des pays d’Europe du Nord voyagent dans le Sud.

leverist.de – Pour quelles raisons, le secteur du tourisme est-il plus vulnérable ?
Camilo – Le problème du tourisme, c’est que beaucoup de choses sont basées sur les perceptions. Par exemple : à cause de la violence liée à la drogue, il y a beaucoup de Canadiens, Européens et Américains qui imaginent qu’il règne une grande insécurité au Mexique. En réalité, à l’heure actuelle, dans les grandes villes, la situation est la même qu’ailleurs. La perception du lieu exerce une grande influence sur la prise de décision. Le tourisme est un luxe, si bien que les gens vont préférer voyager à l’intérieur de leurs régions respectives. Par exemple, les touristes allemands peuvent aller en Croatie. J’ai l’impression que cela va durer un certain temps avant que les gens des pays d’Europe du Nord voyagent dans le Sud.

leverist.de – Quelles adaptations ont été nécessaires dans votre propre start-up ?
Camilo – En ce moment, nous n’avons pas de trésorerie. Les sites touristiques comme Cancún (Mexique) où nous sommes actifs sont fermés. Nous nous concentrons donc sur les travaux de développement à une très petite échelle. Nous essayons de développer une application pour les réservations, qui sera similaire à une réservation de trottinettes électriques. J’envisage aussi de transférer le développement logiciel et les systèmes informatiques en Allemagne, où l’on peut espérer une plus grande fiabilité. À mon avis, à cause de la distanciation sociale nécessaire, le volume d’affaires va baisser dans l’agence de voyages, et les gens seront plus enclins à utiliser des modes de réservation numérique pour les prestations de voyage.

Considérations rédactionnelles. Nous voyons que les grandes tendances économiques se répercutent sur chacune des PME. Comme note de bas de page, nous souhaitons souligner que, à la GIZ (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit), il y a des équipes qui, à travers le monde, coopèrent avec les gouvernements locaux, les autorités locales et le secteur privé pour soutenir et améliorer le tourisme dans les pays émergents. La GIZ considère que le tourisme durable apporte une contribution notable au développement économique. Le site leverist.de présente quelque 15+ opportunités d’affaires liées au tourisme.

Camillo Correa est le fondateur et directeur général de wateradventures.com, une start-up de voyage basée à Berlin qui propose des solutions informatiques pour les voyagistes et des équipements de location dans des hauts du tourisme aquatique.

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